08-10-2018 - Guy Wagner

Les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine continuent de s’empirer

Aux Etats-Unis, la conjoncture demeure robuste tandis qu’en Chine, les frictions commerciales avec les Etats-Unis montrent de premiers impacts sur la croissance économique. Ainsi l’indiquent Guy Wagner, chief investment officer de BLI - Banque de Luxembourg Investments, et son équipe, dans leur analyse mensuelle, les ‘Highlights’.

Les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine demeurent le sujet dominant de l’actualité économique. Aux Etats-Unis, la croissance en est peu affectée. La conjoncture demeure robuste, soutenue principalement par la force des investissements des entreprises et les incitations budgétaires. « Bien que les dépenses des ménages n’accélèrent pas, les indices de confiance des consommateurs s’approchent des niveaux records de l’année 2000 », indique Guy Wagner, chief investment officer et administrateur-directeur de la société de gestion BLI - Banque de Luxembourg Investments. En Chine, les frictions commerciales avec les Etats-Unis montrent par contre de premiers impacts sur la croissance conjoncturelle. « Les autorités publiques ont dès lors initié des mesures de soutien monétaires et fiscales pour soutenir l’activité. »

 

Dans plusieurs pays émergents, les augmentations de taux d’intérêt pèseront sur la croissance conjoncturelle

En Europe, les taux de croissance élevés de la fin de l’année passée sont en train de se normaliser, sans pour autant signaler un ralentissement économique majeur. Dans plusieurs pays émergents comme la Turquie, l’Argentine, la Russie ou l’Indonésie, les augmentations de taux d’intérêt, en vue de stabiliser les cours de change des pays en question, pèseront sur la croissance conjoncturelle dans les mois à venir.

 

La situation sur les marchés obligataires reste difficile

Des statistiques économiques favorables aux Etats-Unis ont poussé le rendement du bon du trésor américain à 10 ans au-delà de la barre des 3%. Dans son sillage, le rendement à 10 ans de l’emprunt d’Etat allemand a également augmenté. Les craintes d’un dérapage budgétaire par le nouveau gouvernement italien tiennent les marchés obligataires de l’Europe du Sud sous tension, le rendement de l’emprunt d’Etat à 10 ans en Italie restant au-delà des 3 %. « La situation sur les marchés obligataires reste difficile », précise l’économiste luxembourgeois. « Pour un investisseur européen, le différentiel d’intérêts entre les obligations américaines et européennes est absorbé par d’éventuels coûts de couverture du risque de change du dollar. » Restent dès lors les emprunts de la zone euro, dont les rendements, autres que ceux de la Grèce ou de l’Italie, demeurent dérisoires.

 

La technologie, la santé et le pétrole affichent les meilleures performances depuis le début de l’année

En septembre, les marchés boursiers ont été relativement stables. Au niveau géographique, les actions japonaises sortent du lot. Le S&P 500 aux Etats-Unis et le Stoxx 600 en Europe ont été en légère hausse, alors que le MSCI Emerging Markets a reculé. Guy Wagner : « Au niveau sectoriel, la technologie et la santé – regroupant de nombreuses sociétés dites de croissance – et le pétrole, suite à la hausse du prix du baril, affichent les meilleures performances depuis le début de l’année. » Compte tenu du retour en territoire positif des taux d’intérêt réels américains suite au resserrement monétaire graduel de la Réserve fédérale, les placements monétaires et obligataires en dollars redeviennent (du moins pour un investisseur américain) une alternative aux actions, sans risque d’érosion immédiate du pouvoir d’achat.

Guy Wagner, Managing Director

Licencié en Sciences Economiques de l'Université Libre de Bruxelles, Guy rejoint la Banque de Luxembourg en 1986, où il fut successivement responsable des départements Analyse Financière et Asset Management. Depuis 2005, il est administrateur-directeur de BLI - Banque de Luxembourg Investments.

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